CLIC, CLAC, CLIC, CLAC…. Plus que cinq minutes avant de pouvoir quitter mon boulot ! Mes acolytes commencent à arriver et se rassemblent petit à petit sur le parking. Je trépigne. Benjamin, Grégory, Dimitri, Guillaume et Toto sont dans la place : l’équipe des rockfishers est maintenant au complet. Il est temps de laisser place à l’action. Répartis dans deux voitures, nous filons enfin vers de nouvelles aventures. Les digues et infrastructures portuaires seront nos terrains de jeu du jour. Y a plus qu’à !!!
Les petites cannes ultra light sont rapidement montées, et les fins bas de ligne en fluoro 20 centièmes raccordés à nos petits jouets : têtes plombées entre 1 et 3,5 grammes, hameçons texans ou droits N° 1/0 à 5 et mini leurres souples pour les uns, JACO SLUR ou micro hard baits pour les autres. Les hostilités sont ouvertes. Les fils ne sont pas encore mouillés, mais les visages ont déjà tous la banane.
On peut ressentir dans l’air l’esprit du rock fishing flotter au dessus de cette bande de pote : fun, 0 prise de tête et grosses rigolades. Nous nous répartissons le long du quai alors que le soleil commence à faiblir.  Le principe est simple : aller débusquer une foule de poisons de rocje au beau milieu de leurs repères. Eboulis de pierres, failles, trous, algues, murs, chaînes, piliers… Tout doit y passer. Vous vous rendrez vite compte des oasis de vie qu’ils représentent.  Faites évoluer vos leurres au plus près des obstacles et
vous verrez !
Slur Jaco
Je lance mon EB-R parallèlement à la bande de roche, puis le fais nager par de petits soubresauts juste au dessus des cailloux, quand Guillaume m’avertit par un cri de l’arrivée imminente d’une première prise au sec. Le temps d’approcher, une belle rascasse se débat au bout de sa pince, après avoir goulûment aspirer un GRUB 4’’GARY. Photo, rapide décrochage, et la voilà repartie vers son trou, encore toute hébétée, en se demandant ce qui avait bien pu lui arriver.

C’est au tour de Toto de se débattre avec un PNI (Poisson Non Identifié). Ça ne bouge pas d’un poil :

- « T’es accroché au fond ! »

- « Non, c’est un poulpe »

Il tire, il tire et PAF ! Casse ! Avec les poulpes, vous avez plutôt intérêt à être réactif et à l’extraire avant qu’il n’est eu le temps de se ventouser à son environnement, sinon, vous laisserez un paquet de leurres au fond. Toto rééquipe sa canne, et au premier passage, le voici réattelé au céphalopode. Ho hisse ! Il vient. C’est têtu comme bestiole (le poulpe, pas Toto, quoi que…) YES !!! Rire générale ! « Maintenant, amuse toi à le décrocher ! » Les tentacules gigotent dans tous les sens, montent le long de mains, bref, que du bonheur.
EB-R
Greg, Dimitri et Benji n’ont quant à eux pas perdu leur temps pendant ces ébats poulpesques, enchaînant les rascasses et autres sparidés les uns après les autres. C’est ça le rock fishing : de l’action, des touches, des casses… on n’a pas vraiment le loisir de s’ennuyer. La multitude d’espèces sensibles à cette technique est telle que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre lorsque l’on jette sa ligne à l’eau. Ça va vite, très vite. Un KUT TAIL 3 ½’’ monté sur une tête plombée et « shaké » entre deux blocs de roche n’a que peu de chance de rester tranquille longtemps. « Touche ! » « Non, décroché ! » « Re touche !!! » Ferrage instinctif en retour « Il y est ! ». Je saisis la rascasse par la bouche, toute ébouriffée de colère, laissant ainsi apparaître ses dangereuses épines. Au passage, ce poisson est à manipuler avec beaucoup de précautions, sa piqûre étant assez douloureuse. Certains ont testé et sans souviennent encore (je ne citerais pas les noms…). Remise à l’eau immédiate et c’est repartit.
Il fait nuit maintenant. Tout est tranquille autour de nous. Par contre, ce n’est pas la même musique qui se joue sous la surface.
Greg, en qualité de King of JACO SLUR, masterise les sars et les rascasses, pendant que Toto utilise plein pot son forfait illimité POULPE BOX. Déjà 3 au score.
Cela durera comme cela une bonne partie de la soirée. Il ne se passe pas dix minutes sans action. C’est l’essence même du rock fish, s’amuser. Et aux vues des nombreuses prises, il me paraît évident de souligner que le No Kill prime. C’est un jeu, sans victimes, ni gagnants, ni perdants. Juste un moment de détente et de camaraderie.
Il est plus d’une heure du matin, est le retour est unanimement décidé. Bien entendu, les pauses sont abondantes entre le bout du spot et les voitures. « Attendez ! Juste 3 minutes sous le lampadaire » « Ouah ! Et là entre les bateaux, ça sent
le poisson. »
L’eau est cristalline sous la lumière et je peux voir l’ EB-R nager 2 mètres sous mes pieds. Enfin pas longtemps car il disparaît subitement dans la gueule d’une bellerascasse. Ferrage, combat, photo, décrochage, relaxe… bref de la musique rock……fishing.
Nos montures nous attendent sagement sur l’asphalte du parking du port. « Bon les mecs, on remet ça quand ? » Question à laquelle nous répondons tous en cœurs « DEMAIN !!!» Les lois du rock fishing ont parlé. Ainsi soit il…
Jérôme
Gary Yamamoto
Benjamin se débat cinquante mètres plus loin avec un adversaire plus sérieux. Notre surprise fût grande lorsque nous vîmes apparaître un corb en surface (sparidé presque cavernicole devenu malheureusement rare sur nos côtes). Le rock fishing n’a pas fini de nous étonner.
5 minutes s’écoulent et une petite chasse frétille dans mes pieds. Je lance immédiatement un SPIN BOARD 35 dans sa direction, puis après deux mètres de moulinage rapide…BIM, impact !!! It’s sévereaux time. C’est petits caranguidés déménagent sur lignes aussi fines. Le pied.
C’est au tour de Dimitri de pousser un cri. Ça a l’air de tirer plus fort que d’habitude. On n’est jamais à l’abri de ferrer un beau loup, un barracuda, ou un autre puissant prédateur. Après de multiples ébats, un splendide mérou perce l’obscurité latente.
Spin Board